• D'Ormesson Productions

     

    Avec la brutale disparition de Jean d'Ormesson, le paysage culturel français vient de perdre une de ses figures les plus éminemment emblématiques. La configuration générale de l’édition devrait paradoxalement s'en trouver confortée, les poids lourds du secteur s'activant déjà à bâtir la succession de l'immense auteur, avec une gamme de produits "œcuméniques" pour le livre, le cinéma mais aussi la BD.
    Petits et grands sauront quoi offrir fin 2017 et peut-être les années suivantes...

     

    MAJ Johnny, une affaire qui roule encore (en bas de page)

     

     

    D'Ormesson Productions

     

    D'Ormesson Productions’écrivain Jean d’Ormesson est probablement mort dans la nuit de lundi à mardi à l’âge de 92 ans, a annoncé mardi matin sa fille à l’AFP. d’une crise cardiaque à son domicile de Neuilly-sur-Seine, nous apprend le magazine 20minutes, dont les sources sur Twitter ont toutes confirmé la véracité de l'information, appuyées par un informateur secret du cercle des proches de l'auteur, qui déclare avoir lui-même entendu des pleurs et des grincements de dents en passant sous la fenêtre de Jean d'Ormesson cette fameuse nuit, où la température ne dépassait pas 5° selon l'antenne locale de Météo-France.

     

    Jean d'Ormesson serait donc mort avant-hier. Cela n’entraînera pas forcément une redistribution des cartes dans l'attribution des parts du Marché du Livre en France. Son éditeur et ses agents avaient prévu l'ultime éventualité et, pendant que ses proches sèchent encore leurs larmes, on fait les comptes, le branle-bas de combat a déjà commencé.

     

     

     

    La perte sèche à terme pour Gallimard va cependant être pondérée par un pic de ventes consécutif au décès. D'autant que d'Ormesson avait anticipé, ou on lui avait conseillé d'anticiper. Doit sortir en début 2018, un dernier ouvrage. Logiquement, une sorte de digest de ses livres antérieurs, suave mélange de réflexions sur les plaisirs éphémères et de notes de sagesse à usage du consommateur, de la consommatrice de moins de cinquante ans.

     

     

     

    Le deuxième temps du décès de d'Ormesson arrivera quand les journalistes, les connaissances et les exégètes universitaires mettront en chantier une série d'ouvrages disséquant les textes, le personnage et le monde dormesien. A venir sans doute, un hors-série numéroté, à la Pléiade, qui avait accueilli bras ouverts ce « talent sublime au service d'une prose accessible à toutes et tous », comme l'a si bien exprimé Olivier Galzi à l'antenne.

     

     

     

    Jean d'Ormesson n'a pas eu que des handicaps pour démarrer dans la vie et se faire lire dans les maisons d'édition. Né dans une famille cossue, il passe son enfance en château et voyages, obtient son bac pendant la 2ème guerre mondiale et enchaîne avec l’École Normale Supérieure.

    Son extraction et son parcours ont, d'ailleurs, ouvert la voie à un prototype d'écrivain occupant les rayons aujourd'hui : aisé, études supérieures, options politiques de droite civilisée, passant bien à la caméra, rhétorique chic.

     

     

     

    Le troisième étage de la fusée mémorielle diffusera la weltanschauung dormesienne dans le très grand public, via l'audio-visuel. En termes de parts de marché, sa puissance est tout à fait incomparable avec celle du livre. D'ailleurs, d'Ormesson lui-même avait anticipé cette expansion, puisqu'il joua Mitterrand dans un film sorti l'année où Sarkozy s'installa à l’Élysée.

     

    L'audio-visuel public, en partenariat avec l'UNESCO, - où d'Ormesson a travaillé -, devrait produire une série de vingt-cinq épisodes centrés sur la genèse du phénomène d'Ormesson, notamment son parcours amoureux. Le maître d’œuvre pourrait être DMD productions associé à Dharma Productions.

     

     

     

    Fin 2018, selon des sources autorisés, devrait sortir une fresque futuriste autour des mondes imaginaires dormesiens. Alexandro Jodorowsky en serait le réalisateur, en duo avec Luc Besson. Budget colossal attendu pour cette super-production simultanément diffusée dans 70 pays. Une partie des bénéfices réalisés devrait être reversée à la Fondation pour l'éducation à l'environnement.

     

     

     

    Dans le prolongement de la comète d'Ormesson, il se murmure que Philippe Chappuis (Titeuf) pourrait enfin faire naître, pour petits et grands, une bande dessinée avec Jean d'Ormesson en personnage central. L'agent du célèbre dessinateur aurait déclaré que le personnage serait « un mix d'Astérix et de lady Gaga ».

     

     

     

    Mais l'actualité d'Ormesson c'est ici et maintenant. Voilà et Valeurs Actuelles devraient sortir un cahier spécial d'Ormesson dans leurs cinq prochains numéros respectifs, avec des photos inédites de l'auteur, des femmes de sa vie, et peut-être même de ses animaux préférés.

     

    Bonne année d'Ormesson.

     

     

    MAJ Johnny, une affaire qui roule encore

     

    Momentanément, les mercenaires médiatiques se sont détournés de D'Ormesson. Un meilleur client venait d'apparaître, ou plutôt de disparaître. La valse des adjectifs a démarré, particulièrement sur les chaines d'info continue.
    Oublié le chanteur de variété, vive la légende, l'icône, le fantastique, le représentant d'une génération, que dis-je, l'idole du fils, du père, de toute la famille.


    Johnny Hallyday demeure un interprète doté d'une belle voix et d'une gestuelle scénique assez largement inspirée par Elvis Presley. Il ne fut ne fut que partiellement auteur, écrivant, toujours avec un parolier à ses côtés, des bluettes ou des cris de révolte qui très vite ne lui correspondirent plus. Il s'était mis à vendre des disques à la tonne et ne cessait  d'alimenter le voyeurisme médiatique de toute la presse de caniveau, acquiesçant, voire alimentant les innombrables accidents, altercations et aventures que la presse, bien avant qu'elle soit nommée people, inventait, pour son profit et celui d'une star soigneusement calibrée grand public.

     

    Rien à voir avec l'indépendance d'un Ferré, la singularité humaine d'un Brel ou l'évocation aussi poétique que populaire du peuple que proposait un Ferrat. Lesquels étaient auteurs et compositeurs de leurs chansons et soucieux de maintenir le système médiatique en laisse. Si Johnny Hallyday a laissé quelques chansons dans nos têtes, il faut bien reconnaître que ça tient bien plus au matraquage, des décennies durant sur toutes les radios et télés, de titres finalement peu inspirés, dans un répertoire ou le moins mauvais demeur issu de chanson écrites ailleurs et empruntées par le chanteur.

     

    Bref, Johnny a eu l'hommage qu'il mérite. Le président Macron, pour rester dans le registre boursouflé et presque comique irriguant toute cette artificielle agitation autour de la mort de la star, a déclaré "on le croyait invincible".
    Johnny Hallyday en super-héros, voilà qui va inspirer le merchandising, le packaging et le bling-bling des tiroirs-caisses de l'industrie culturelle dans les mois qui viennent.

    Sinon, pas de panique, y a le d'Ormesson.

     

     

     

     


  • Commentaires

    1
    Martine TINTIN
    Mercredi 6 Décembre à 13:08

    Bonne nouvelle : la mort de Johnny Hallyday (l'idole des jeunes) éclipse...

    celle de d'Ormesson (idole des vieux cons) !

    2
    Mercredi 6 Décembre à 14:53

    Ce qui éclipse plus ou moins mon article en même temps...sarcastic

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