• C2J24- chronique du 2ème confinement - jour 24

     

    Écrits au jour le jour s'échappant vers la fiction, dans l'espace-temps du reconfinement...

     

     

     

     

    C2J24- chronique du 2ème confinement - jour 24

    Sylvie et moi avons compté 8 pas dans un sens, 6 pas dans l'autre. Les deux trajets se croisent évidemment pour former une croix qui matérialise la position et l'orientation des 2 espaces principaux de mon appartement. Une géographie sommaire pour déterminer combien de pas j'ai pu faire, donc, sur vingt-trois jours.

     

    Il faudra affiner les calculs en prenant en compte la nature du sol – carrelage blanc ombré de traces roses – dont l'incidence sur l'ampleur du pas me semble probable. Sylvie penche plutôt pour l'influence de la diffraction de la lumière sur les dalles. Celle-ci tombe avec un angle de 67°, à peu près. Freinée quand même, pour partie, par le balcon et deux cheminées ourlées d'antennes sur des toits placés plus bas par rapport à l'étage où je me situe - dans mon immeuble - et à une vingtaine de mètres de l'appartement, à vol d'oiseau. Ces obstacles n'empêchent pas la lumière solaire de s'emparer totalement de la baie vitrée, pour se déployer sur la carrelage du salon, et sur celui de la cuisine attenante, pour environ 1/3 de la surface.

     

    On a compté, donc 23 fois 8. Comptabilité-type pour un usage initial de mise en route physique quotidienne. Un usager lambda fait un trajet cuisine-salon, ou plutôt salon-cuisine, au lever, ainsi qu'un trajet salon-salon – 23 fois 6 – s'il se rend, par exemple, d'une des bibliothèques à la baie vitrée pour une ablution lumineuse matinale.

     

    Nous sommes rendus à 184 pas d'un côté, et 138 de l'autre. C'est à ce moment, affirme Sylvie, qu'il faut intégrer le coefficient-lumière – accroissement prévisible de luminosité d'environ 50% par rapport à une clarté ordinaire – qui induit une inconsciente augmentation du nombre de trajets intra-appartement. J'acquiesce, pour rebondir aussitôt sur l'impact non négligeable de l'équation pas/coloris des dalles. Nous tombons globalement d'accord après avoir ajusté nos deux variables autour d'un différentiel de + ou – 50 pas par rapport à un trajet-type global de 400 pas, à développer sur la période considérée.

     

    400 pas qui ne représentent, bien sûr, qu'un premier trajet au matin (période classique du lever ; certaines professions « nocturnes » adapteront leurs calculs) pour un utilisateur-lambda (moi), ou aux petites heures pressées du jour suivant, quand l'utilisateur-lambda succombe, vers 3h du matin, à la pression de sa vessie.

     

    Il faudra ensuite affiner, ou plutôt creuser le modèle, en détaillant les heures, assorties des occupations liées sur une abscisse. En ordonnée, le nombre de pas LSP*, pour vraiment déterminer la performance géographique dans un appartement spécifiquement utilisé en période de (re)confinement.

     

    Mais, pour l'heure, il est l'heure – jeu de mots médiocre, mais ce n'était pas le sujet, ou plutôt l'objet, de ce fragment de journal visant à objectiver une situation donnée. L'heure, donc, d'utiliser mon, on va dire notre heure d'activité physique autorisée par le système d'autorisation activant la régulation des soupapes internes prévenant toute décompensation, dans le cadre du confinement. Il faut remplir le papier ad hoc.

     

    Sylvie opte d'emblée pour le crayon. Je choisis le stylo, avec option blanco. Les 2 méthodes ont du bon, suivant la fréquence des sorties (non)autorisées.

    Bon, on y va... ?

     

    *LSP : Longueur de Pas Standard


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