• Bulles de verres calées sur l'horloge

     

    Depuis quelques mois, j'ai entamé une série de poèmes sur les choses. Grandes ou petites, elles portent toutes un poids de vie, de ma vie passée, présente et sans doute future qui demandait à sortir de moi. Pour ce qu'elles m'ont chuchoté et faute de mieux; j'appelle ces choses, des objets poétiques.

     

     

     

     

    'ai attrapé une petite bulle en verre épais

     

    pas grosse, non, avec juste un modeste sortilège de durée à l'intérieur

     

    dedans, j'ai collé mes baskets

     

    et les monstres postés chaque soir à l'entrée de mes rêves

     

    et la poésie se faufilant dans mon nez collé aux arums du jardin

     

    puis j'ai touillé avec la grosse dose de fièvre qui me serrait

     

     

     

    maman surnageait dans le réel surchauffé

     

    dans mon dos, je sentais ses mains plaquant une, puis dix ventouses

     

    elle ne savait pas, la gardienne du pays des enfants sages

     

    ce qu'une ventouse aspire, si j'étais enfant je pourrais le lui dire

     

    j'ai été enfant, mais que dire à l'aimante gardienne

     

    rien qui ne soit maintenant bordé d'ombres coupantes

     

     

     

    au front de l'enfance j'étais premier, j'évitais les aiguilles de la pendule et les culottes sales

     

    j'adorais les ventouses qui aspiraient, aspiraient à rapetisser

     

    plus il est costaud, plus il est menteur, le virus, les petits d'hommes le savent tous

     

    il faut souder le verre et le virus, faire un joli nœud avec une passe magique à l'or fin

     

    laisser macérer un certain nombre d'années dans l'ombre du temps

     

    pour retrouver ses ventouses intactes.

     


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :