• Sable

     

     

    Sablea ville s'appelait Sable, elle était ocre
    Parfois blanche sous les lueurs de nuit
    Personne n'y était chez soi, chez elle
    On la disait ville des morts, chez nous

     

    Les hommes grimés de mots dès naissance
    Fils de nature n'en demeurent pas moins
    Comme les poumons, voués à l'air pur
    Dans les cycles, les senteurs, les odeurs
    du marais pourrissant, de l'herbe lourde
    Ils vivent et n'ont d'amante éternelle
    Que celle qui ploie, grince et saigne enfin
    Dans le vent du sud chaud et fécond

     

    La rumeur est tenace qui répète
    La ville à bout remâche les humeurs
    Endormies et peureuses de la fin
    Elle connaît celle qui attend sans hâte
    De moi, de toi, de nous son tribut

     

    Nulle peur, nul vif, sous ses murs silence
    La ville ocre est belle sous la lune
    Sable, on l'appelait, dit-on chez nous
    On l'appelait peu, car peu souhaitaient
    Rejoindre la place où désir se fige
    Aujourd'hui Sable, elle n'est plus, dit-on

     

    On l'appelle comment, que je souris ?
    Sable aurait disparu, englouti dans le
    Sable, je ris, le sable ne mange pas de sable

     

    Toujours là, hein, à la vérité ?
    Toujours là, notre avenir, notre fin
    Devant nous, sable toujours.

     


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