• Rose

     

     

     

    Rosee jour où j'ai vu rouge dans la cuisine le soleil tentait d'apaiser notre différent

     

    Sur les murs le jaune clignotait comme un vieux bonze

     

    Moi je ne voyais que le rose de tes joues et j'agitais la laisse propriétaire

     

     

     

    Déjà tu étais partie, tu ne savais que courir là où il n'y aurait peut-être personne pour s'aventurer

     

    En tous cas pas moi, perclus par mes propres amers je te faisais quand même signe de loin

     

    D'une île à l'autre, il s'agit de capter les vents et de leur confier de grandes voiles pleines d'espoir

     

     

     

    Le jour où j'ai vu rouge, je n'ai pas voulu de ce rose sur tes joues pleines

     

    Tes yeux m'ignoraient, lestés de la vie des scolopendres, ceux qui fouissent jour après jour et n'arrivent jamais où doit être le ciel

     

     

     

    Tes yeux m'agitaient des sémaphores en langue inca

     

    Quand j'ai commencé à accepter le rose sur tes joues il était trop tard nous avions déjà sauté en plein hiver

     

    Et je n'ai pas choisi de couleur le jour où on a enterré ensemble les deux ailes de notre ange

     

     

     

    Rose fluo, pétard, bonbon, marchand de fleur, pourquoi faut-il qu'il y ait toujours du rose au-dessus des fondrières ?

     

    Voyez toutes ces familles et leurs roses bonheurs aux joues si pleines pour cacher l'odeur des petits meurtres communs, de générations en générations comme elles se ressemblent

     

     

     

    Bon dieu, le rose des colifichets familiaux

     

    Bébés en sautoir, jeunes filles en pudeurs et pater familias infusés dans l'alcool

     

    Voilà le rose des avenirs maquillés

     

    Bon dieu, les roses renoncements de la misère rebondie abonnée aux chamboule-tout des fêtes foraines plantées sur champ perdu en fond de province

     

     

     

     

     

    Le temps de l'amour a ses couleurs et j'en suis bien volontiers le peintre

     

    Toujours prête, ma palette de sentiments

     

    Cruel beau temps qui se termine quand nos yeux ne supportent plus la double-vue

     

    A travers sa pâleur on devine à peine nos errances, nos baisers et nos jouissances

     

     

     

    C'est la vie, comme on dit à bout de mots sur le miracle, rien à voir avec le rose.

     


  • Commentaires

    1
    Lundi 23 Octobre à 10:40

    L'harmonie rose survient en de rares fréquences au cours d'une vie. Les tonalités froides viennent se glisser soit dans l'esprit d'une personne, soit dans la relation, soit dans les finances, soit le corps physique.... il y a toujours un vent froid à affronter.... c'est la vie.  Faut-il aimer malgré tout ? Voilà bien la question. J'aime toujours ton écriture.

      • Lundi 23 Octobre à 11:31

        Merci Carmen, je ne saisis pas tout ce que me tu me dis, un peu ésotérique, pour moi, mais ta bienveillance ne m'échappe pas...

    2
    HED
    Mardi 24 Octobre à 17:40
    rien à voir avec le rose
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