• L'im(terdit de)pensé Macronien

    L'im(terdit de)pensé Macronien

     

    L'im(terdit de)pensé Macroniena « rue » comme dirait Cristophe Barbier, pilier de plateau dans la médiature* actuelle, s'interroge, s'indigne, parfois se félicite de ce qu'on appelle par antiphrase la « loi-travail ». Le landernau propagandiste papier/audio/vidéo, s'acharne globalement à vénérer Macron et louer tout ce qu'il fait, pour « libérer les ENERGIES» ou « réformer ENFIN ce pays ». Comme si les français n'étaient qu'un ramassis de gens épuisés, sinon feignants, arc-boutés sur un refus aussi stupide qu'obstiné du changement qui leur sera tellement bénéfique, une fois qu'ils auront vu la lumière.

     

    Personne ou presque n'interroge le présupposé général qui légitime ce nouveau paquet législatif.

     

     

     

    Les français indistincts qui se faufilent dans les rues ont la plupart oublié. La mediature occulte, elle, volontairement. Les patrons, les dirigeants de tous poils ne sont pas les égaux, et encore moins les amis de leurs employés.

     

    La moindre amélioration des conditions de travail, depuis plus d'un siècle, est un chemin de croix pavé de CRS, de « jaunes », de condamnations et d'emprisonnements. Le patronat le plus fortuné et le plus conservateur n'hésitait pas à encourager, défendre le travail des enfants dans les mines, pour ne prendre qu'un seul exemple de sa volonté d'aider les salariés et leurs familles.

     

    La sphère productive, aujourd'hui, s'est considérablement étendue. L'entreprise est un couvercle qui bouche tout l'horizon. Les salariés sont divisés, affaiblis comme jamais, réduits à s'accrocher désespérément, avec des salaires et des retraites bloquées d'autorité par le patronat et l’État, sous prétexte d'assainir les finances. Lesquelles finances sont plombées par les aides sans résultat accordées sans compter et sans tarder par les gouvernements successifs dits « de droite » ou « de gauche » par la mediature.
    Et n'oublions pas la Dette, résultat d'emprunts massifs au Privé, au patronat donc qui s'enrichit perpétuellement en ruinant tranquillement les français, avec l'active bénédiction des politiques comme Balladur, qui fut l'initiateur de la loi de soumission originelle au Marché, et ruine corrélative des français.

     

    En 2017, on compte pourtant en millions les journées d'actions localisées ou étendues, pour défendre des acquis, des emplois, des salaires. Preuve que la pression patronale et la dégradation corrélative de l'emploi, du travail et de la production sont plus que jamais d'actualité.

     

    Les statistiques n'ont jamais enregistré autant de licenciements, le travail est à son maximum de précarité, le CDI vient de céder la place, au hit-parade du type d'emploi créé, au temps partiel. Les conditions au travail sont rendues épuisantes pour la plupart. Les burn-out se répandent, de plus en plus de personnes pensent au suicide en raison d'un contexte de travail insupportable, ou d'une absence d'emploi accablante, les suicides effectifs se multiplient, les accidents de travail sont en hausse de nouveau depuis quelques années, selon les statistiques officielles - qui ne sont globalement que la collation de données patronales, donc minorées par rapport à une réalité atterrante.

     

     

     

    Hors, les lois El-Khomry et surtout aujourd'hui, les ordonnances-lois de notre ami Macron, partent à l'évidence d'un pré-supposé.

     

    L'entreprise serait un lieu où règne le dialogue, la concertation. Mieux, le patronat serait, à l'évidence, fondamentalement guidé par sa générosité, son altruisme et ne penserait qu'à créer de nouveaux droits, ou utiliser l'existant pour améliorer la condition de ce qu'on pouvait appeler hier la « classe ouvrière »,  aujourd'hui les « salariés » - la classe ouvrière existant toujours en tant que groupe dominé, exploité, mais n'étant pas consciente de ses intérêts et/ou dans l'incapacité de les défendre.

     

    Le patronat d'aujourd'hui est dix fois plus puissant, organisé, riche. Il tient en laisse au moins autant d'hommes dans le champ politique – cf le cas Fillon - et dans toute la « com » qu'au temps du capitalisme « sauvage ». Par quel miracle serait-il devenu altruiste, prêt à œuvrer pour une amélioration du sort de ceux qu'il n'a jamais autant maltraités et tondus qu'aujourd'hui, alors que, cerise sur le gâteau, l'affaire de l'IUMM a révélé il n'y a pas si longtemps la corruption structurelle qu'entretenait la plus importante fédération de ce même patronat ?

     

    Ne pouvant croire une seconde à la bêtise de Macron et consorts, j'en conclus logiquement que les lois qu'il veut, on le voit chaque jour, à toute force imposer sont :

     

    • inspirées et imposées par le patronat ;

    • imperturbablement défendues par la médiature ;

    • nuisibles fatalement aux salariés.

     

     

     

    *Mediature : contraction de médias et dictature.

     

    La sphère médiatique – presse et multimédia - exerce une présence et un magistère de mise en conformité dans le sens du Pouvoir, leçon perpétuelle qui ne souffre pas de contradiction durable et encore moins de fond. Cette sphère peut être élargie à la communication ministérielle, présidentielle, et les multiples déclinaisons locales de « l'information » par médias publics ou privés, de toute façon bridés par des pouvoirs patronaux et politiques locaux.

    Tout cet appareil national et local est très majoritairement dans l'assistance, sinon la révérence, aux politiques locales qui déclinent les volontés d'en-haut. Les oppositions qu'il relaie, soulève bien souvent, sont de pure forme et ne changent rien au matraquage permanent, tout en établissant, de fait, la sacro-sainte hiérarchie : Patronat-État-salariés.

     


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