• France : chronique subjective d'une dislocation annoncée

     

    Évidemment, la France qui réussit ne pourra et ne voudra pas voir les lézardes, puis les failles précédant les gouffres. Mais le français moyen sent bien le froid qui monte du trou noir ayant déjà commencé à aspirer l'avenir du pays.

    Propos forcément subjectif, la raison étant confisquée par le Cercle éponyme que constitua H. Lorenzi et quelques gardiens du salut de la France d'en haut.

     

     

    France :  chronique subjective sur une dislocation annoncée

     

    France :  chronique subjective sur une dislocation annoncéees fondamentaux économiques semblent s'effondrer. Malgré les satisfecit parfaitement artificiels du gouvernement, la misère grandit dans le pays. Croissance au point mort, créations d'emploi étiques, dette publique insoutenable, dette privée stratosphérique (bientôt le double de la dette publique).

     

    Loin d'être l'épicentre du problème, la débâcle économique n'est que l'incarnation de diverses évidences dramatiques qui ne sautent toujours pas aux yeux des personnes censées gouverner dans le sens de l'intérêt général, dont Rousseau avait anticipé les abus « La souveraineté ne peut être représentée, par la même raison qu’elle ne peut être aliénée, elle consiste essentiellement dans la volonté générale, et la volonté ne se représente point (..) Les députés du peuple ne sont donc ni ne peuvent être ses représentants, ils ne sont que ses commissaires ». Quelques failles structurelles dont souffre le pays :

     

     

    • L'équipe au pouvoir ne l'a obtenu grâce qu'avec 10% de la population ;

    • le président et son gouvernement ont accaparé le pouvoir à l'aide de formules-chocs et d'un visuel léché massivement relayés ;

    • le pouvoir incarne les intérêts éco-politique de 0,1% de la population ;

    • le pouvoir fait usage constant du mensonge et de la violence d’État via une police lobotomisée, des juges caporalisés, des journalistes corrompus ;

    • aucune institutions, grande ou petite, locale ou nationale, ne reflète la composition sociologique du pays - les conseils municipaux ne sont pas épargnés, qui sont massivement composés de notables – les plus riches, les plus rencontrés par la population, par exemple ceux du corps médical ;

    • en termes de courants politiques, le tiers ou le quart des citoyens n'est pas représenté dans les deux assemblées nationales ;

    • le plus grand mouvement de révolte sociale des cent dernières années n'est pas venu aux ronds-points par hasard, mais il a dû attendre plusieurs mois pour que E. Macron, président de la République, s’aperçoive officiellement de son existence ;

    • 0,01/ de la population reçoit des aides massives pour ne créer aucun emploi – outre les créations ordinaires -, et s'enrichit toujours plus en investissant cet argent en Bourse ;

    • 88% des français pensent que la pauvreté va augmenter (cf Observatoire des inégalités) :

    • la pauvreté augmente, 1 français sur 7,7 est pauvre ;

    • la pollution s'étend sur toute la planète, la France n'est pas épargnée ;

    • le changement climatique est déjà un fléau évident, mais le gouvernement subventionne les multinationales écocides et bloque le développement des énergies alternatives pour sauver le nucléaire et EDF.

     

     

     

    De quelque côté qu'on se tourne, social, libertés, politiques ou économie, nous sommes en train de vivre un Effondrement de basse intensité, une dégradation généralisée et sans retour, malgré les charognards qui prospèrent un temps sur le cadavre d'un pays.

     

    Il se poursuit avec l'inter-action prolongée, conjuguée des dynamiques de l'économie, du social et du politique, dans le contexte d'un changement climatique en croissance exponentielle.

     

     

     

    L'économie, complètement artificielle, - impossible à faire tenir droite, puisqu'elle repose sur un endettement massif et croissant dont les intérêts seuls augmentent bien plus vite que les bénéfices de l’État (dette publique) et des entreprises (dette privée) -, est complètement démembrée, presque détruite. L'investissement (emplois et recherche) est au point mort. La spéculation explose sur les valeurs complètement artificielles d'un CAC 40 livré aux automates spéculateurs (HFT). Ce fonctionnement dans le vide, qui ne soutient aucune entreprise, n'enrichit aucun salarié, ne profite qu'aux « investisseurs institutionnels » (banques, grosses entreprises investissant les aides publiques, États masqués, narco-trafiquants recyclant leurs masses d'argent sale). C'est tout le système financier qui adhère de plus en plus non pas à la « destruction créatrice », base du capitalisme selon Schumpeter, mais à la « destruction finale »

     

    Ainsi, nous passerons directement de la dérive au krach sans retour.

     

     

     

    Les détenteurs de la Dette n'ont rien à faire des difficultés croissantes de la grande majorité de la population et organisent l'assèchement économique de la France, délocalisant les entreprises majeures sans cesse, quand l’État lui-même ne les place pas sous contrôle étranger. Le « social » est devenu la cible prioritaire des politiques. On tape sans retenue et sans distinction sur les vieux, les jeunes, les pauvres et les malades, par la réduction drastique, généralisée, des restes de l'emplâtre social. La population tenue à bout de bras par les prestations se replie, l'individualisme devient massif. Les villes, les quartiers ressemblent de plus en plus aux zones mortes de l'océan.

     

    Ce « social » depuis longtemps cache-sexe d'une économie destructrice, de décideurs considérant le salariés comme variable d'ajustement muette, s'évanouit sous nos yeux, aspiré par une trou noir qui ne fournit que de la survie, et de moins en moins.

     

     

     

    Vient le troisième terme du triptyque de l'Effondrement , le politique. Le politique, comme main-mise active des citoyens sur leurs destinées, par le biais de lois, décrets, pratiques collectives locales et nationales, tout cela n'existe plus. Le mouvement des Gilets Jaunes en est l'amère démonstration qui se heurte (violemment) à la surveillance en continuité depuis le national jusqu'aux villages les plus reculés, aux bastonnades, vexations, privations de libertés exercés par ministre ou par des nobliaux locaux. C'est une répression en continuité de Paris aux villages les plus reculés. On peut sans doute parler d'esprit de corps des politiques qui sentent bien que leurs pratiques et leurs territoires, ils les ont fait basculer dans le carcéral. Les habitants étaient déjà habitués au mépris des élus, et plus généralement au rejet. « Il faut voir comme on nous parle » chantait Alain Souchon, il faut voir aujourd'hui comme on nous rejette. On continue, donc, à plein gaz vers l’effondrement politicien d'une ambition, d'une visée, d'une espérance politique fondatrice qui aura bientôt 250 ans.

     

    Les plus petits hôtels de ville, de ces communes – peintes aux riantes couleurs de la Démocratie dans les reportages des médias officiels -, dressent des barrières constantes aux volontés citoyennes. Conseils municipaux annoncés au dernier moment, transcriptions cachées et/ou cryptiques des délibérations municipales et réunions d'agglo, de métropoles, au mieux absolument indigentes quand on réussit à les sortir de leurs cachettes.

     

    Quant aux décisions nationales, les conseils des ministres et autres réunions de commissions ministérielles, parlementaires, sénatoriales, elles sont plus apparentes, mais noyées dans une inflation du jargon, de la complexité dans la forme et le sens qui rendent le tout incompréhensible pour 90% de la population. Oubliées les promesses de « simplification administrative », dont la première date de la présidence Pompidou...

     

     

     

    Le politique s'en est allé, loin des valeurs, loin de l'Histoire révolutionnaire au fondement de la République. Ces gestionnaires retranchés qui gouvernent en autocrates volontiers violents, n'ont évidemment à faire qu'à ceux qui gagnent plus de cinq mille euros par mois. Cette politique, ou plutôt ces politiciens que le citoyen et la citoyenneté importunent – il faut voir les précautions dissuasives que prennent, sur ordre, les agents à l'entrée des mairies pour ne pas qu'on dérange Monsieur l'Adjoint, Madame la Chargée De, pour comprendre combien le citoyen n'est qu'une charge pénible quand il ne vient pas dans un but clairement clientéliste ou hagiographique – ne peuvent que reconduire dans leurs idées et leurs pratiques tous ces chefs d'entreprises, ces promoteurs, ces décideurs qu'ils reçoivent, écoutent pour des deals « gagnant-gagnant », pour reconduire les mêmes qui fonctionnent donc à la Dette, à la cavalerie.

     

    Intérêt bien compris, tout ce Clochemerle de luxe cherche nécessairement à occulter sinon éliminer le social en dégageant la politique des valeurs et des obligations qui la sous-tendent et en prolongeant l'apnée d'une économie complètement larguée.

     

     

     

    Cerise sur le charnier de l'Effondrement en cours, le changement climatique. Lequel va briser des territoires, habitat, zones industrielles et commerciales comprises. La seule certitude est qu'il est en hausse, que les prévisions du GIEC ont toujours été enfoncées par la Nature.

     

     

     

    Bref, s'il venait à l'esprit de quelques aliens de retourner le pays, ses politiques, ses institutions, ses multinationales, pour entendre et obéir aux aux gens qui gagnent moins de 1700€/mois (salaire médian) et passer à l'essoreuse puis au tribunal le groupuscule des radicalisés de l'Argent-roi, ils devraient affronter une dynamique de collision déjà en cours qui les obligera à penser économie, social, politique et climatique en même temps. Heureusement, nos élites sont encore là pour nous éviter de penser à tout cela.

     

     

     


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