• D - 7

     

    D comme Déconfinement. Le confinement a laissé des stigmates. Nos esprits sont en attente de l'année dernière, comme l'écrivait P.K Dick, en attente d'un avenir garanti, qui n'est plus. Le journal poétique en prend acte.

    Forme tercet, pour quelques temps. Périodicité : toutes les quarante-huit heures.

     

     

     

     

    a rue blanche pétille derrière les peurs et les corps prudents

     

    un paquet d'amour vole de ci-de de là, emprunté comme un poisson dans l'air

     

    je vais me serrer contre toi, c'est interdit, parfaitement

     



     

    un, je commence à respirer à petits poumons effrayés

     

    deux, je regarde l'atmosphère et traverse les gens

     

    trois, je vois encore le monde en deux dimensions, blanc et mort

     



     

    regarder à travers un diamant implique des yeux à facettes

     

    les mots brillent chacun de leur forme singulière

     

    tout ça pour dire que les mensonges pêchent d'abord par leur forme impure

     



     

    tout tourne rond en pays blanc

     

    la terre galiléenne fait son travail intemporel

     

    il est tout à fait normal que je me sente mal

     



     

    face à la devanture d'un restaurant clos pour covid

     

    une femme inspecte la carte périmée

     

    elle sait aussi qu'elle ne veut pas savoir

     



     

    je trépignais pour le printemps, me résignais à l'hiver

     

    les saisons d'une pandémie se résument à une épiphanie

     

    pourtant sous l'ivre morsure du soleil ma peau respire

     



     

    un, je vais comptant les portes et les barrières

     

    deux, j'imite la danse heureuse de l'ours enchaîné

     

    trois, je salue à distance la folie cachée de mes semblables

     

     

     

     

    prêt à rouvrir l'oeil sur l'infinité des chemins pointillés, je suis

     

    un ange rouge bénit un couple de pigeons à tue et à toi

     

    les bouches des femmes débordent d'espérance

     



     

     

     


  • Commentaires

    1
    Kza
    Lundi 25 Mai à 15:08
    Magnifique, Alain. Brûlant, étincelant, plombé de cette fièvre tombée verticalement et qui nous aveugle. Pourquoi ce soleil de midi est-il si dur ?
      • Lundi 25 Mai à 20:41

        Peut-être le verrons-nous un jour doucement nous baigner...Pour le moment, l'incertitude règne, l'heure des chants sinon désespérés, du moins déboussolés.

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