• Chant

     

    A la force de ses machines, l'homme est parvenu à se faire sa petite niche à lui dans les immenses ères géologiques. A peine installé, il fait tant de bruit et bouscule tout avec tant de fureur qu'il va s'effacer bientôt lui-même de l'Anthropocène.

     

    Inventaire poétique de ce qui va disparaître juste avant lui...Aujourd'hui, le chant. 

     

     

    22 poèmes pour un Anthropocène étalé sur 220 années, ou à peu près.

     

     

     

    es chants du ciment défunt sèvrent les esprits toujours encagés

     

     avec le schisme des machines

     

    avec l'atonie des ruines angulaires

     

    avec le linceul sale du générique fracas

     

     

    le silence est là le silence est tellement là

     

    le Silence

     

     

    quand la lune allumera le cinquième quartier

     

    montera vers elle le chant

     

    les chairs épuisées concevront leur résurrection où les corps s'aimantent

     

    les esprits perdus laisseront soleil et pluie faire oeuvre sur les déraisons

     

    les coeurs fripés retrouveront la source sans âge

     

     

    le chant est chair d'homme-oiseau

     

    le chant sublime son or sous des palais ignorant la discorde

     

    le chant trace des arcs-en-ciel dénommant un pour un chaque homme

     

    dans le monde fini il s'èlève pour ramener la rosée le sphinx et la tête de Cassandre

     

     

     

    quand les étoiles humaines s'aligneront dans l'ordre intime le chant s'ouvrira

     

    ... la-la...la-la-la...la-la-la-la....la-la-la-la-la...la-la-la-la-la-la...la-la-la-la-la-la-la...la-la-la-la-la-la-la-la...

     

     


  • Commentaires

    1
    Henri E DAYSSOL
    Jeudi 11 Mars à 22:37

    Ton chant Alain est quant à lui déjà ouvert… beau poème !

    2
    Vendredi 12 Mars à 09:55

    Merci, Henri...

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