• Cash, l'addition

    Cent vingt-neuf personnes sont mortes. Fallait-il qu'elles meurent pour qu'on s’aperçoive que le bunker anti-terroriste prend l'eau, comme ses promoteurs outre-atlantique ?

    Cash, l'addition

     

    Cash, l'addition frique. Massacres ethniques, politiques et mouvements de fuite massifs de peuples brisés, ruinés, embastillés et torturés. Exactions générales sous contrôle des forces secrètes occidentales ou des hommes de paille installés à la tête des démocraties bananières. Directe corrélation avec le pillage éhonté des multinationales reversant pourcentage aux politiques de tous bords - sauf à la gauche de gauche pas (encore?) pervertie par l'impunité dorée - avec profilage permanent des démocraties locales selon les désirs de l'establishment du pays colonial qui tient les rênes, Belgique, France, Allemagne. Durée : près d'un demi-siècle.

     

     

     

    Orient. Sinistre et similaire tableau. Sous la férule extrêmement perverse des USA, les maîtres ont décidé de retailler les territoires et les politiques du Moyen-Orient à leur convenance. Feuille de route : « Projet pour un Nouveau Siècle Américain ». Original auteur : Bush W. Acte II : Obama Barack, qui a d'ailleurs intégré au plus haut niveau d'ancien responsables du PNSA. On veut des pays bien lisibles, bien propres sur eux et respectueux des vraies valeurs que défendent avec ardeur tous les démocrates du monde civilisé, dont nos roses et bleus marine et bleus ciel. On veut en clair « le maintien ou la restauration d’un ordre favorable dans des régions vitales du monde telles que l’Europe, le Moyen-Orient et l ‘Asie Orientale [ce qui] place une responsabilité unique sur les forces armées des Etats-Unis » (PNSA p.20).

     

     

     

    Nos valeureux amis, nos partenaires US loyaux n'hésitent à espionner leurs partenaires, ni à s'allier avec ceux qu'ils diabolisaient hier, pour les renier demain. Dernier exemple en date l'Iran, pour ne citer que le dernier d'une longue liste de nations, de dirigeants amis « conseillés », « soutenus » comme le fut Sadam Hussein. C'est le jeu, la réalpolitik, le prix à payer, par les autres, puisque « notre mode de vie n'est pas négociable » assénait Georges W. Bush, devant ses amis milliardaires en dollars.

     

     

     

    La planète n'en finit pas de dégueuler du sang, toujours tourmentée qu'elle est par cette correction impériale, cette fuite en avant coloniale, qu'on dit aujourd'hui « néo ». Comme si les Bolloré actuels étaient moins avides, moins collés aux politiques et moins dictatoriaux que les United Fruit d'hier. Comme si les USA étaient moins un fléau qu'ils ne le furent tout au long de ce vingtième siècle marqué avant tout par la liste ininterrompue des guerres qu'ils ont livrés, des peuples qu'ils ont broyés pour leur offrir la démocratie. Et prendre le reste.

     

    Les USA, ou plutôt une poignée de fascistes washingtoniens bourrés de fric, dictateurs dans l'âme que rien ne fait dévier de leur course psychopathique à l'argent et au pouvoir, ont décidé dernièrement, depuis le premier Bush, de relifter le Moyen-Orient pour que les arabes filent le pétrole sans sourciller et acceptent leur statut serf, avant d'apprendre à la dure comment être aussi démocrates que les USA, voire les européens, en anglais facile naturellement, pour des populations à peine sorties de l'âge de la pierre et de la sourate.

     

     

     

    On attend depuis maintenant une trentaine d'années que la France, pays dont les Lumières ont éclairé la liberté intrinsèque de son peuple et montré l'horizon d'auto-détermination à la planète entière, on attend, donc, à gauche tout particulièrement, que les Français brisent de nouveau cette chaîne avec ce maître jamais rassasié qu'on appelle USA, comme le fit de Gaulle dans un moment essentiel, avec un courage et une détermination qu'on ne peut lui enlever.

     

     

     

    Nicolas Sarkozy, exact contraire du général, en a rajouté dans la dépendance, dans le suivisme appliqué, en s'activant fébrilement aux côtés des relanceurs de l'OTAN, avec d'autres nostalgiques du temps de l'URSS et de ce bon vieil anti-communisme. Laquelle détestation a permis de faire pousser un nombre incalculable d'agences de surveillance, de contrôle, de coercition planétaire et de favoriser toujours les politiques du bâton, la soumission, en écrasant les « rouges » aujourd'hui comme hier. Résultat concret de l'agenouillement devant l'OTAN, la France demeure sur un strapontin sous commandement d'un Feldmarshall US, sans doute un rêve de gosse pour le prince de Naguy-Bocsa.

     

     

     

    Arrive un président de gauche en France. On se dit ça y est, il va renvoyer les ricains à leur Super-Bowl et les yankees vont go home. S'il est un pays majeur, responsable et porteurs d'espoir de liberté pour la planète, c'est la France. La servitude US est à rebours de l'histoire, une insulte à ceux qui se sont battus pour nos libertés, un bras d'honneur à la connaissance, à la conscience des peuples, une gifle aux luttes de la gauche dont Hollande est, paraît-il, porteur. Militairement, politiquement, idéologiquement, médiatiquement nous allons enfin goûter l'air de la liberté. Le temps des révolutions, des utopies performatives est de retour. Un mai 68 institutionnel, et merde à tout ce vieux monde brun, bouffeur de cacahuètes.

     

     

     

    Première visite de Hollande : les USA. Déroule toute la pub, sans hésiter une seule fois. USA glamour, USA puissance, USA occident, valeur, marché, pognon. USA, feuille de route. On a un tantinet l'impression que Hollande a fait un mauvais trip et/ou qu'il a soldé une vieille dette perso.

     

     

     

    Bref, traversant rapidement les années Hollande, amères et ascétiques sauf pour les copains d'icelui, les entreprises du Médef et autres communautés de cet univers stratosphérique, on arrive ici et maintenant. L'inféodation US, Hollande en a fait des caisses pour la perpétuer, l'amplifier, à se demander s'il n'a pas la double nationalité. Dernière douceur, monter une Garde Nationale. Sur quel modèle ? Non. Si. Naturellement, le petit monde porcin à micro et à stylo s'est grimé à fond en cheerleader. Même les canards qu'on croirait volatile rétifs, donnent semaine après semaine dans l'Américan rules ok. Et ça fait trois ans six mois et deux jours que ça dure.

     

     

     

    L'addition est cash. 129 morts.

     

     

     

    A côté du désastre, terriblement incarné depuis vendredi, que représente cette non-politique française menée par une poignée de mercenaires à écharpes, avec soutien logistique en presse, télé et édition, on remarquera que cette armée mexicaine n'a pas été capable de comprendre que plus elle inondait le pays de flic, plus elle tentait les terroristes. Plus elle axait hystériquement sa politique sur ce fantasme, plus elle lui donnait envie, force, chair.

     

     

     

    Ce qu'on ne lira pas non plus dans cette presse dont les éditorialistes vont à la bauge chaque année, qui pour 550 000€ (Canard Enchaîné), qui pour près de 3 000 000€ (Le Monde) c'est l'échec total de ce délire sécuritaire. Ils essayent désespérément de se rattraper, de noyer l’écho des cris et le souvenir des morts qui déjà réclame sa place, par des aboiements et des postures martiales. Tout le monde sait compter jusqu'à deux. Un Cazeneuve, plus un Valls égale zéro attentat terroriste déjoué. Personne n'a oublié Cazeneuve, quelques jours avant, affirmant, tel un Sarko au sommet de son baratin, que chaque jour des attentats étaient déjoués. Mais au jour J, y a plus personne.

     

     

     

    Ce qu'on ne lira toujours pas dans la presse en laisse, c'est la réaction immédiate de Hollande, comme celle de Sarkozy, toujours, en 2005, qui fut de décréter l'état d'urgence pour rien, ou plutôt pour un but inavoué. Le péril est passé, et bien passé. Il n'y a aucune chance que se réédite dans un avenir proche une autre opération terroriste à Paris ou dans le reste de la France. Celle-là a très bien réussi, merci. L'état d'urgence, c'est pour qui, alors ?...Oui, c'est pour le peuple, ces « sans dents » qui pourraient vouloir spontanément dire qu'ils en ont assez qu'on les prennent pour des charlots. Que la politique sécuritaire de leur président est une farce sanglante et qu'il est plus que temps que revienne un sujet central brusquement évacué des titres, sa démission.

     

     

     

    La dernière chose qu'on ne lira dans les gazettes vespérales entretenues par des banquiers, c'est le lieu ou se réfugie le staff à écharpes, chaque fois qu' une crise le menace directement. Versailles.

     

    Allons, assez de mauvais esprit, c'est sans doute pour rassurer, renforcer la démocratie que ce staff va cogiter et s'exprimer sous les ors majeurs de la monarchie.

     

     

     

     

     


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