• Calme

     

    A la force de ses machines, l'homme est parvenu à se faire sa petite niche à lui dans les immenses ères géologiques. A peine installé, il fait tant de bruit et bouscule tout avec tant de fureur qu'il va s'effacer bientôt lui-même de l'Anthropocène.

     

     

    Inventaire poétique de ce qui va disparaître juste avant lui...Aujourd'hui, le calme. 

     

    22 poèmes pour un Anthropopocène étalé sur 220 années, ou à peu près.

     

     

     

    Calmeuand le temps se love

     

    quand les heures ralentissent l'air moite

     

     

    une voix dit il fait beau

     

    entend le paradis retrouvé

     

    le balancement des ombres bouge mon corps

     

    mon sourire s'étire au bout des plus fines branches du saule

     

     

    c'est une harmonie solaire à dérégler toute boussole

     

    c'est une lévitation nocturne aux creux des vagues

     

    c'est toi et moi à la fin des temps

     

     

    la promesse faite au monde bat lentement sous une  pellicule heureuse

     

    l'enfant de la Terre ensemence et la Terre le berce

     

    retour éternel un instant

     

     

    l'oeil du corbeau se trouble

     

    la grenouille oublie de croasser

     

    le tournesol s’arrête en plein chant

     

    la mouette n'étire plus ses lignes

     

     

    il est peut-être dix heures du jour ou de la nuit

     

    l'horloge s'amollit chaque seconde

     

    l'esprit habite la lumière inonde les corps

     

     

     

    tu sais je sens ce qu'il y a à être

     

    je sais tu sens ce qu'il y a à perdre


  • Commentaires

    1
    Henri E DAYSSOL
    Samedi 13 Mars à 10:11

    Le paradis n'est pas tout à fait perdu, il n'est pas non plus tout à fait possible à retrouver...

      • Samedi 13 Mars à 10:15

        Hou, c'est finement pensé, Henri !...yes

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