• C2J8 - chronique du 2ème confinement - 8ème jour

     

    Chronique réelle ou imaginaire, voire les deux, dans l'espace-temps du reconfinement...

     

     

    C2J8

    On parlera de notre époque en 2090, peut-être. La dystopie des années 20.

    Les dystopies comme fièvres récurrentes grésillant au cœur de ce vingt-et-unième siècle presque débutant. Ce serait le début d'une thèse tendant à démontrer que nous sommes passés progressivement dans la négation des conditions anthropologiques de survie, pour inévitablement déboucher sur des guerres de basse intensité, puis sur une conflagration qui a rendu arides les années 30 et 40.

     

    Nous ne voulons rien, nous ne pouvons rien, même pas connaître l'heure de notre mort (Borges). A tel point que nous en sommes réduits à nous cacher derrière de dérisoires masques. Que ce soit bien clair, ce n'est pas du virus que nous nous cachons.

    Les privilégiés scanneurs du futur disposeront de pensées et d'instruments qui n'existent pas encore ; mais quelque chose en eux les poussera, malgré le passé, à bombarder leurs existences respectives pour triompher sur les ruines. Ils sauront presque tout de l’Ère des masques. Ils sauront sans ambiguïté que les hommes les plus évolués ont construit une espèce de mangeoire inversée, une véritable machine-lemming.

     

    Je suis en réunion dans un salon artistiquement décoré. Nous sommes cinq. Trois femmes, deux hommes. Un des hommes porte un masque. Les autres le regardent avec respect et répulsion. Quand il parle le but effectif de la réunion s'efface, comme si tout devait céder devant la barrière blanche. Tous tendent l'oreille vers lui. Même silencieux, l'homme masqué serait au centre du groupe. Son temps a une avance qui nous fascine. Chacun reconnaît douloureusement, aujourd'hui, qu'il n'est que le messager de ce qu'il sera.

    Il saisit les ficelles de chaque côté de sa tête et retire son masque. C'est seulement à ce moment que ses lèvres s'étirent sur son visage enfin révélé, pensons-nous. Nous sourions sans pouvoir nous en empêcher.


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