• Bilderberg, une histoire très actuelle

     

    Comment le Bilderberg sape la représentation, la démocratie, grâce à ceux qui s'y rendent, ou plutôt s'y vendent, parmi nos représentants si prompts à enfourcher la posture du chevalier blanc.

     

     

    Bilderberg, une histoire très actuelle

     

    Bilderberg, une histoire très actuellee plus en plus de gens ont entendu parler du Bilderberg, aujourd'hui. Sauf Yves Calvi, (voir 0.30mn) qui fut pourtant sacré meilleur journaliste politique par nos amis sénateurs, il y a quelques années. « Fondée en 1954, la conférence Bilderberg est une réunion annuelle conçue pour favoriser le dialogue entre l'Europe et l'Amérique du Nord » allègue un de ses membres. S'y concentre le gratin mondial de la politique, du business, des médias et autres. Rien que du dirigeant, rien que des influenceurs hors-pair, rien que de richissimes financiers. Tous ceux qui ont le pouvoir pour agir, et l'envie de se retrouver entre eux pour concevoir (et mener) les politiques qui les servent.

     

    Il faudrait être bien obtus pour ne pas comprendre que ces meetings entre supérieurs refoulent les curieux à l'aide de forces de police de plus en plus considérables pour des raisons qui font bon marché de la transparence et du souci des peuples. Si certains passent outre, on nie totalement leurs révélations. Chaque participant doit bien comprendre, de toute façon, que la divulgation des propos tenus durant un week-end Bilderberg sera extrêmement dommageable. Pour celui qui s'y risquerait.

     

     

     

    Pour ceux qui penserait que cet aréopage supérieur n'a pas un coup d'avance sur les coalitions citoyennes existantes ou espérées, qu'ils regardent plus bas la liste des participants aux différents Bilderberg.

     

     

     

    Rien d'étonnant. Le Bilderberg réunit les agents publics et privés les plus influents, ou à gros « potentiel », pour des conférences sur l'état du monde présent et à venir, des discussions, des consensus qui déboucheront sans doute sur des décisions à l'échelle d'un pays, d'un continent, tant les acteurs sont ethnocentrés et influents. En clair, ils partagent la même idéologie – c'est sans doute pour cela qu'on les choisit, au-delà de différences d'approche et de comportement – et la même capacité d'agir ou d'influencer les décisions.

     

    On comprend mieux la « nature privée » de chaque conférence. La direction du Bilderberg, elle, légitime cela au nom d'une liberté qui ferait que « les participants ne [seraient] pas liés selon les conventions de leurs fonction ou par des positions pré-déterminées » et pourraient « prendre du temps pour écouter, refléter et rassembler des aperçus. »

     

    Ils viennent pourtant en tant que chefs d'état, dirigeant de groupes médiatiques publics, puissants financiers aidés par l'argent des états, politique influent. Alors, pourquoi la démocratie leur permettrait-elle de se dispenser de leur devoir ? A commencer par le premier : représenter les peuples. Les peuples qui voient des conférences, des échanges, des consensus et des partenariats noués dans l'ombre, hors d'atteinte de l'intérêt général, hors d'atteinte de la main citoyenne.

     

    Ainsi, les hommes (surtout des hommes !) les plus puissants du monde se réunissent pour analyser l'état du monde ensemble. Ils en ressortent avec au moins des positions, des lignes d'action qui ne résultent nullement de la volonté des peuples auxquels ils appartiennent, comme l'explicite cet article, pour ce qui est du domaine scientifique plus particulièrement. Peuples qui, aux dernières nouvelles, leur donnent toujours leur leur légitimité (du moins aux politiques), leurs financements publics (en masse, suite aux subprimes par exemple) et surtout des obligations en tant que représentants.

     

    Au premier rang desquelles la transparence sur ces réunions au sommet où ils sont obligés de laisser au vestiaire le plus grand de leur devoir, celui d'agir en mandaté par le peuple en toutes circonstances, publiques ou privées, si elles peuvent avoir une influence sur le cours de leur mandat. Hors, à part les réunions de cercle similaire, comme la Trilatérale, le Bilderberg est bien un club avec une importance majeure, car il réunit parmi les plus hauts responsables de la planète dans leurs domaines respectifs.

     

     

     

    Mais les consensus, les décisions, les plans ou les collusions – n'en déplaisent à ceux qui assènent, au mépris du simple bon sens et de l'Histoire, que l'idée de complot relève de la paranoïa - restent aussi secrets que les réunions du TAFTA. C'est une gifle renouvelée à la face de la démocratie. Car enfin, pourquoi restent-ils secrets ces hommes et leurs discours ?..

     

    Ceux qui se rendent en douce au Bilderberg n'y vont pas pour rien. Ils espèrent trouver des réponses, des alliés, des moyens humains et/ou financiers pour atteindre des objectifs qui n'ont rien à voir avec le pouvoir des peuples, l'intérêt général. Sinon, ils iraient à visage découvert et commenteraient librement leurs réunions, rendraient public ce qu'ils ont dit, les contacts, les plans noués ou pas, les concordes établies.

     

    Les membres successifs du meeting secret continuent à nous imposer ce qu'ils ne s'appliquent absolument pas à eux-mêmes : la règle démocratique. Et font comme si de rien n'était, creusant ainsi les failles de la démocratie.

     

    Comme si leur appartenance à cette espèce de secte du gotha, occupée à examiner, planifier, régler avant l'heure des affaires on ne peut plus publiques et essentielles, n'avait aucune incidence sur la marche des sociétés.

     

    Comme si l'appartenance à ce réseau d'entre-soi, d'entregent, d'influence capitale et de décisions au plus haut niveau n'entravait pas la capacité des peuples à disposer d'eux-mêmes au travers de représentants élus pour servir l'intérêt général et non les profits privés.

     

    Comme s'il n'y avait pas un GPS permanent sur le destin public et privé des participants, après avoir subi l'influence, la force et la tentation des puissants qu'ils ont un moment fréquentés et avec qui ils ont noué des liens très durables, comme Fillon avec Ladret de Lacharrière.

     

    Comme s'il ne voyaient pas que là s'élaborent des philosophies et des stratégies forcément adaptées à la nuit et au silence plutôt qu'au partage et à la clarté.

     

     

     

    Le Bilderberg a commencé en 1954, lancé par les USA. Beaucoup de responsables majeurs ou montant ont cédé à ses appels. Le Bilderberg exprime la vision du monde US, condense sa volonté, tend à générer une pensée unique, fait monter l'hubris qui conduit nécessairement au totalitarisme chez soi et chez les autres, car telle est la nature de l'impérialisme US : imposer sa force, sa loi, de force, à toutes et tous.

     

    Rien que cette main-mise aurait dû faire s'éloigner des hommes soucieux de leur indépendance, comme ceux qui se réclament de l'héritage d'un politique qui arracha notre autonomie aux USA. Car les gentils alliés états-uniens s’apprêtaient, au sortir de la deuxième guerre mondiale, à faire de la France une nouvelle babiole brillant sur leur drapeau.

     

     

     

    Malgré le secret, malgré la consanguinité entre puissants de tout domaine, malgré l'impérialisme d’État ou de Marché toujours à l’œuvre, un certain nombre de français, responsables politiques, d'affaires ou d'éducation ont allègrement choisi d'écouter la bonne parole, d'aller chercher à l'étranger une feuille de route, ou de se mettre au moins dans une position d'obéissance à l'omerta qu'impose le Bilderberg, à l'écart de la démocratie.

     

    Ils n'en disent rien ensuite, ou si peu. Ils n'avouent même pas, que contrairement à ce qu'affirment les tenanciers du Bilderberg, il y a eu des rapports sur les réunions, au moins jusqu'en 2002.

     

     

     

    La liste des participants invite à des croisements avec l'actualité la plus récente de ces hommes et de ces idées qu'on nous vend massivement comme étant "en rupture", "révolutionnaire", ou "au-delà des partis".

     

     

     

    Emmanuel Macron a participé au Bilderberg du 29 mai au 1er juin 2014.

     

    En novembre 2011, François Fillon a pris le temps de recevoir le Bilderberg à Matignon.

     

     

     

    Y ont également passé un week-end, au moins  au fil des années. Liste des membres français jusqu'en 2016  (source pour ceux qui ont participé avant 2003) :

     

     

     

    Manuel Valls – ex-Premier Ministre ; Christine Lagarde – Directrice Générale du FMI, Laurent Fabius – Président du Conseil Constitutionnel, Alain Juppé – Maire de Bordeaux ;  Valérie Pécresse – Présidente Conseil Régional Ile de France, François Baroin – Sénateur de l'Aube ; Jean-Pierre Chevènement – Sénateur du territoire de Belfort ; Jean-Pierre Jouyet – Secretaire gén. Cabinet Hollande ; Patrick Devedjian – Député Hauts de Seine ; Christophe Béchu - Sénateur Président du Conseil général de Maine-et-Loire ; Edouard Philippe – Premier Ministre ; Jean-Claude Trichet – ex-Président de la BCE ; Jacques Toubon – Défenseur des Droits ; Sylvie Goulard, Député européenne ; Philippe Lagayette – Administrateur entreprises du CAC (Président du conseil d'administration de la French-American Foundation – France) ; Pierre Morel – Diplomate ; Michel Noir – ex-député, Président de Scientific Brain Training (soc. cotée en Bourse)

     

    François Bujon de l'Estang – ancien Ambassadeur de France aux USA.

     

     

     

     

     

    Christine Ockrent – RTL, Erik Izraelewicz - Pdg Le Monde, Etienne Gernelle, Le Point, Nicolas Barré - dir. rédaction, Les Echos, François d'Orcival – Valeurs Actuelles, Philippe Villin – vice-président Le Figaro, Claude Imbert - Le Point.

     

     

     

    Nicolas Baverez – essayiste et associé dans le groupe Gibson, ainsi que de Dunn & Crutcher.

     

     

     

    Olivier de Bavinchove - Commandant de l’Eurocorps.

     

     

     

    Ernest Antoine Seillères – Medef Christophe de Margerie – Total; Nicolas Bazire - direction LVMH ; Pierre André de Chalendar – Saint-Gobain ; Jean-Dominique Senard – Michelin ; Paul Hermelin - Cap Gemini ; Patricia Barbizet - Artemis et Christie’s ; André Levy-Lang – BNP Paribas ; Thierry de Montbrial – IFRI ; Hélène Rey - Prof. Économie ; Bernard Ramanantsoa – Dean HEC Paris Group ; Olivier Roy - prof. Théorie politique et sociale ; Benoît Coeuré – BCE ; Olivier Blanchard - Peterson Institute et ancien dir. FMI ; François Pérol – Président Banque Populaire ; Emmanuelle Charpentier - Directrice du Max Planck Institute (ingénierie génétique) ; Claude Bébéar – ex-Président d'AXA ; Philippe Jaffré – ex-PDG Elf Aquitaine ; Louis Schveitzer ex-PDG Renault ; Jean-Louis Gergorin – ex-EADS, Loic le Floch-Prigent – Elf-Aquitaine, Antoine Ribout – Danone, Félicia Cavasse – LPF Communication, Gérard Eskénazi – ancien Paribas, Edouard Balladur – ancien Premier Ministre.

     

     

     

     

     

    Récidivistes impénitents aux week-end du Bilderberg : Marc Ladret de Lacharrière, Thierry de Montbrial, Hubert Védrine, Nicolas Baverez...

     

     

     

     

     


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